L’histoire de la motoneige s’écrit à chaque hiver !



















En vidéo: Un reportage sur le tourisme en motoneige en 1975


Histoire de la motoneige


Le premier à construire un véhicule pouvant se déplacer facilement sur la neige est l'américain Carl Eliason de Sayner au Wisconsin en 1924, il la fera breuveter en 1927. Il prit deux ans à construire cette motoneige avec en autre des pièces de bicyclette afin de bâtir le train d'entraînement. Cette première motoneige de l'histoire développait 2.5 chevaux. Une partie d'un radiateur d'une Ford Model T fut placée à l'avant. Au fil des ans, il produit des modèles à deux temps ainsi qu'à quatre temps de deux places et même de quatre places. Les motoneiges de Eliason se vendaient entre 350$ et 550$ dollars à cette époque.

Dès 1956, les frères Edgard et Allan Hetteen au Minessota commencèrent a produire leurs premières motoneiges sous la marque Polaris. Vers 1960, Edgard Hetteen vend ses parts et il démarre la compagnie Arctic Cat. À cette même époque dans une petite usine de Valcourt en Estrie au Québec allait se développer une industrie de la motoneige reconnue maintenant à travers le monde. Un petit véhicule jaune que l'on allait nommé Ski-Doo allait être vers le début des années 60 très populaire et ainsi Bombardier allait devenir le premier fabricant à commercialiser la motoneige avec succès.


Toujours en 1959, dans la municipalité de Valcourt Joseph Armand Bombardier va produire 25 unités et il est possible de voir la première motoneige au Musée J. Armand Bombardier dans cette même ville. En 1971, 211 927 motoneiges furent construites dans l'usine de Valcourt et ceci demeure à cette date un record au niveau du nombre d'unités construites pour cette compagnie.


Venez revivre ce voyage dans le temps et consulter des articles de journaux que nous avons retrouvés entre autres dans les archives de la Société d'Histoire de la Haute-Yamaska en Estrie. Par exemple, un article du Journal La Tribune datant de 1947 qui décrit les inventions de Monsieur J.A Bombadier comme étant révolutionnaire, on mentionne entre autre dans cet article que: Le jour n'est plus très loin ou nous n'aurons peut-être plus besoin d'explorer le Grand Nord Canadien à l'aide de traîneaux à chien...



Ci-dessous un texte d'un grand passionné de l'histoire de la motoneige, Monsieur Gérard Deltell est journaliste de profession et maintenant chef de l’Action démocratique du Québec.  Il a fait parvenir à l'AdmdQ un texte très intéressant.


HISTOIRE DE LA MOTONEIGE

Gérard Deltell

(Bombardier Olympique 1965 1128B5)


Notre pays étant l'hiver, on peut affirmer sans gêne que les gens d'ici ont généreusement contribué par des trouvailles inédites à la naissance de la motoneige. Mais que ce soit l'avion, l'ordinateur ou l'automobile, les origines d'une invention font souvent l'objet de virulentes contreverses. La motoneige ne fait pas exception


LA PRÉHISTOIRE

Avec l'avènement du moteur à explosion à la fin du 19e siècle, partout dans le monde où la neige tombe, des inventeurs et mécaniciens tentent de faire flotter des véhicules sur la neige. En 1898, le docteur Casgrain de Québec possède déjà une curieuse machine à deux skis et une roue. Un Américain du Minnesota, Otta Jonhson fabrique en 1909 un engin motorisé muni d’une chenille qui semble porter les germes de ce qui deviendra la motoneige.

Le premier à concevoir et commercialiser une motoneige est l’Américain Carl Eliason du Wisconsin. En 1927, le Motor Toboggan, un traîneau muni d'un moteur entraînant par chaîne une courroie de toile retenant des bâtons de bois, est produit. Quelques centaines d'unités seront fabriquées jusque dans les années 1960. En 1942, l’usine de Clintonville propose le Modèle C qui est adopté par l’armée américaine. Fait inédit, certaines unités sont envoyées par bateau sur le front européen mais n’atteindront jamais leur destination : un sous-marin U-Boot allemand coule le cargo les transportant. En 1947, la production est transférée à Kitchener en Ontario et l’usine ferme ses portes en 1963.

Carl Eliason du Wisconsin.

VAGUE MANITOBAINE


On assiste à une première vague de motoneiges dans les années 1950 et la plupart des entreprises sont situés au centre du continent. Il s’agit essentiellement de lourds véhicules (pesant parfois jusqu’à mille livres) animés par des moteurs à 4 temps placés à l’arrière et qui reposent sur les chenilles. On pourrait les qualifier de modestes autoneiges.


Le Manitoba semble être une terre fertile alors que 5 sociétés entrent en production : Artic-Glider (1955-57, 14 unités), Autoboggan (1954-66) Bosak (1950-65), Huski-Mobile (1950-54) et Leschasin (1958-64). Ingham est produit en Saskatchewan de 1950 à 1962 et Sno-Bug en Ontario dès 1957. De même deux Québécois innovent : Wilfred Grenier assemble 11 Caribou chez Prévost à Sainte-Claire de Bellechasse et Sam Lapointe conçoit le Ski-Mobile, animé d’un moteur à 4 cylindres et d’une transmission à 4 vitesses. En 1956, au Minnesota, Edgar Hetteen jette les base de ce qui deviendra Polaris en fabriquant le Sno-Traveller.

Ces véhicules connaissent du succès dans les Prairies parce que là-bas le vent balaie la neige qui durcit au sol. Il en va tout autrement ailleurs ou ces engins, par leur lourdeur, avancent péniblement dans la neige molle et abondante. Il restait à inventer la belle petite machine légère et efficace circulant avec aisance partout où il y a de la neige...

Dès l'automne 1960, le modèle Ski-Doo définit les bases de ce que sera la motoneige pour les années à venir : moteur deux temps à l'avant, transmission à courroie par centrifuge, chenille sans fin tout en caoutchouc, roue dentelée caoutchoutée, guidon à barre horizontale, commande d’accélérateur au pouce, suspension à bogie intégrée dans la chenille, skis en métal reposant sous une suspension à lames, siège long pour deux, allure stylée.


C'est pourquoi j'estime que Joseph-Armand Bombardier a créé la motoneige moderne. Auparavant, il ne s'agissait que de lourdeaux traîneaux rapidement dépassés. À preuve, Polaris qui produit ce type de véhicule depuis 1956 propose le modèle Comet en 1964, qui reprend les éléments clés du Ski-Doo. Preuve irréfutable que JA Bombardier a tracé le vrai bon chemin, lui.

L'invention de Valcourt lancera définitivement un tout nouveau sport, une toute nouvelle industrie, une toute nouvelle façon de vivre l'hiver.

L'AGE D'OR


La formidable invention de Bombardier fait des petits à un rythme lapinesque! Au Québec seulement, au cours de la décennie 60, 42 entreprises de fabrication de motoneiges voient le jour. De 1965 à 1969, 104 nouvelles compagnies tentent leur chance à travers le monde nordique. En 1970 seulement, 58 sociétés naissent comme des perce-neige.


Le leader mondial incontesté demeure l’Autoneige Bombardier de Valcourt vendant même au Japon en 1963! Année après année, la production double sans cesse : de 2 103 unités en 61-62 à 44 421 en 66-67 jusqu’au sommet inégalé de

211 927 motoneiges fabriquées en 70-71. Soucieux de ne pas brûler les étapes, Joseph-Armand Bombardier freine volontairement l’élan mercantile de son invention, critiquant même le budget de publicité. Décédé le 18 février 1964, son fils Germain lui succède, animé lui aussi par la même prudence. Il faudra l’arrivée de Laurent Beaudoin, gendre du fondateur, à la tête de l’entreprise en 1966 pour assister aux bonds exponentiels et sans retenue de la petite machine jaune. La compagnie change de nom en 1969 et devient Bombardier Ltée cotée à la bourse


C’est à cette époque que l’on assiste à la naissance des géants d’aujourd’hui : Outre Polaris et Bombardier, Artic Cat offre en 1963 le modeste modèle 100 et adopte le curieux logo d’un ours volant. Puis, en 1968 apparait le tardif mais prometteur Yamaha. Mais qui ne se souvient pas des modèles Alouette, Boa-Ski, Moto-Ski, Ski-Roule, Sno-Jet ou Sno-Prince?


Et comment appeler cette merveilleuse petite machine révolutionnaire? Au début, il est question d’auto-neige miniature, coursier des neiges (Hus-Ski), véhicule à neige (Snow-Cruiser) ou chat des neiges (Artic Cat). L’hégémonie de Bombardier fait qu’encore aujourd’hui on utilise à tort le patronyme Ski-Doo peu importe le fabriquant! Il semble que ce soit l’annonceur (comme on disait à l’époque!) Henri Bergeron de Radio-Canada qui prononce pour la première fois le mot « motoneige » en 1966. Bombardier l’adopte définitivement en 1969.

L’année 1972 voit poindre une stabilisation de l’industrie mondiale de la motoneige… stabilisation annonciatrice d’une dégringolade magistralement catastrophique


LE CRASH

En 1972, plus 130 manufacturiers produisent 575 mille motoneiges à travers le monde. Dix ans plus tard, à peine 6 compagnies en fabriqueront 10 fois moins.














3 facteurs conduisent à la culbute de l’industrie : le choc pétrolier marié à la nouvelle conscience sociale écologique qui condamne brutalement les petites machines bruyantes et polluantes de même que le désir grandissant et nouveau de l’activité physique en plein air au détriment des loisirs motorisées. En 72-73, 62 compagnies ferment leurs portes. Lors des 4 années suivantes, 64 autres suivront le pas. En 1975-76, Bombardier ne produit plus que 51 567 unités, soit 4 fois moins que 5 ans plus tôt.

Des légendes urbaines naissent : on raconte qu’à cette époque, un grand manufacturier aurait continué à assembler ses motoneiges qu’elle démolissait à la sortie de l’usine afin d’éviter l’effondrement des prix! De cet hécatombe, à peine 12 compagnies survivront plus de 10 ans, 6 sortiront vivantes de la meurtrière décennie 70 et 4 majeures sont toujours en activité.


Ainsi, au fil du temps, 300 entreprises ont fabriqué un jour ou l’autre un véhicule pouvant se déplacer sur la neige. Près de 500 brevets ont été octroyés et ça ne cesse d’éclore. À preuve, le modèle REV de 2003 de Bombardier et l’audacieux Sno-Hawk démontrent que tout reste encore à inventer!


Note de l’AdmdQ

« L’histoire de la motoneige s’écrit à chaque hiver »

À la fin des années 1950, avec son fils Germain, il conçoit 4 prototypes d'engins légers pouvant transporter 2 passagers. En 1959, les usines de Valcourt produisent 6 « auto-neiges miniatures » dont l’inventeur fait l'essai dans les communautés amérindiennes.


À l'automne de la même année, 225 machines seront produites et vendues au prix de mille dollars. L’appellation Ski-Doo serait le fruit d'une heureuse fausse manœuvre : le nom d'origine était Ski-Dog, mais une faute de frappe dans un document l'aurait rebaptiser Ski-Doo. Quant au jaune universellement reconnu, deux légendes s'affrontent : la ville de Valcourt liquidait un surplus de peinture jaune pour la signalisation routière... ou encore… la compagnie TCA (ancêtre d'Air Canada) cherchait à se débarrasser d'un stock de peinture jaune.

Joseph-Armand Bombardier conçoit son premier prototype à 15 ans

C'est au Québec qu'est née l'industrie de la motoneige moderne alors qu'un mécanicien de génie met au point l’engin qui jettera les bases de toute l'industrie.

Né en 1907 à Valcourt en Estrie, Joseph-Armand Bombardier conçoit son premier protoype à 15 ans : il s’agit d’un traîneau propulsé par une hélice d’avion animée par un moteur de Ford modèle T. Toute sa vie, l’inventeur cherchera à créer des véhicules se déplaçant sur la neige. Il est animé d'un foudroyant désir de réussir et pour cause : son fils meurt en 1934 d'appendicite, prisonnier dans la maison lors d'une tempête de neige. En 1936, il met au point un véhicule tout à fait unique, le B-7 (Bombardier, 7 passagers). Lui succèdera le B-12, mini-autobus transportant 12 passagers. Il vendra plus de 13 mille auto-neiges ou snow, révolutionnant ainsi le transport en hiver.

Une publicité de la compagnie Alouette en 1970

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